Après Jardin de l’épervier, publié en 2024 par La Sirène aux yeux verts éditions, Marc Engerran poursuit son sillon poétique avec Alnaïr : grues violettes, un nouveau recueil traversé par les oiseaux, les arbres, les fleurs, les saisons, la fatigue du monde et la nécessité farouche de rester vivant.
Poète-jardinier, Marc Engerran écrit depuis la terre. Non pas une terre décorative, aimable, sage comme une carte postale, mais une terre travaillée, boueuse, blessée, lumineuse encore. Chez lui, les tulipiers, les primevères, les pissenlits, les aubépines, les sapins blancs, les vieux tilleuls, les muscaris ou les pervenches ne sont pas de simples motifs végétaux : ils deviennent des refuges, des signes, parfois même des contre-pouvoirs face au bruit, aux écrans, aux guerres, aux discours dominants et à l’épuisement moderne.
Alnaïr est un recueil d’instinct et d’élan. Les poèmes avancent comme une migration intérieure : du chagrin vers la lumière, de la colère vers la contemplation, du chaos contemporain vers une forme de paix sauvage. Le vol des grues y devient une figure de passage, d’élévation et de résistance. Il dit le besoin de quitter les marécages, de reprendre hauteur, de retrouver un axe quand le monde semble tourner à l’envers.